A propos de cette célébrité

Famille VILLEMIN

Français Famille VILLEMIN

Né(e) Grégory VILLEMIN

Affaire du "petit Grégory"

Sources :  Nicolas LAPIEDjeadeg60yahoolchoupignon1

Né(e) : le 24 août 1980 à Docelles, Vosges, France
Décédé(e) : le 16 octobre 1984 à Docelles, Vosges, France


Origine du nom

Villemin : Diminutif de Guillaume porté notamment dans la Haute-Marne.

Biographie

Le 16 octobre 1984 vers 21H15, le corps de Grégory Villemin, âgé de quatre ans, est découvert dans la Vologne. L'enfant est mort noyé, mains et jambes liées, à Docelles, à sept kilomètres en aval de Lépanges-sur-Vologne, où il vivait avec ses parents, Christine et Jean-Marie Villemin.

Un mystérieux corbeau fait part du crime par un appel téléphonique donné à 17h32. Le lendemain, le 17 octobre, une lettre anonyme adressée à Jean-Marie Villemin revendique le crime : « J'espère que tu mourras de chagrin, le chef. Ce n'est pas ton argent qui pourra te redonner ton fils. Voilà ma vengeance, pauvre con. ». La lettre a été postée à Lépange-sur-Vologne, le jour du meurtre, avant la levée de 17h15 (d'après l'oblitération). Ce corbeau harcèlait le couple Villemin depuis environ 4 ans et la mort de Grégory est une exécution des menaces proférées au cours de ces quatre années.

Bernard Laroche, cousin germain de Jean-Marie Villemin, est dénoncé par Murielle Bolle, sa belle-sœur de quinze ans. Elle se rétracte, et il clame son innocence, mais il est inculpé du crime par le juge d'instruction d'Épinal, Jean-Michel Lambert, le 5 novembre 1984. Sa belle-soeur déclare en effet l'avoir vu partir avec Grégory, à l'endroit où celui-ci fut retrouvé, puis "revenir seul". Les éléments à charge contre Bernard Laroche sont la première étude graphologique, qui le désignait comme corbeau; ainsi qu'un foulage "B L" au bas de la lettre de revendication du meurtre par le corbeau. Néanmoins cette pièce maitresse du dossier ayant été abîmée lors de la recherche d'empreintes, sans le témoignage de la jeune Murielle, le dossier reste bien maigre. Même si pour la police, la jalousie de Bernard Laroche pour son cousin pour sa réussite sociale et familiale forme un mobile valable.

Le 4 février 1985, le juge, contre l'avis du ministère public, libère Bernard Laroche, qui reprend son travail. Ce jour-là, devant les journalistes, Jean-Marie Villemin annonce son intention de le tuer à la sortie de son travail. Mme Laroche demande alors la protection de la police qui la refuse. Le 29 mars, Bernard Laroche est abattu d'un coup de fusil par Jean-Marie Villemin comme celui-ci l'avait annoncé, car il lui imputait l'assassinat de son fils. Mme Laroche devenue veuve a ensuite obtenu la condamnation de l'État pour ne pas avoir empêché la mort annoncée de son mari.

La rumeur dans la région laisse entendre que le corbeau et meurtrier pourrait être la mère de Grégory, qui aurait été vue à la Poste le jour du drame par les témoignages concordants de trois collègues de travail. Le 5 juillet 1985, le juge Lambert inculpe Christine Villemin d'assassinat et la place sous mandat de dépôt. Les éléments à charge sont une nouvelle étude graphologique la désignant comme le corbeau, ainsi que des cordelettes identiques à celles ayant ficelé Grégory retrouvées dans la cave du domicile familial. Onze jours plus tard, la chambre d'accusation de Nancy, constatant l'absence totale de charges, la libère. Son cas divise radicalement les acteurs de l'affaire, entre ceux qui sont persuadés de son innocence et ceux qui la considèrent coupable. Marguerite Duras, dans un article publié par le quotidien Libération, qualifiera le crime, qu'elle lui attribue, de « sublime, forcément sublime ».

L'enquête sera l'occasion de tous les dérapages : violations du secret de l'instruction et de la vie privée ; partis-pris de la presse ; manque de précautions des enquêteurs dans la collecte des indices ; indécision des magistrats ; rivalité exacerbée entre la Gendarmerie et le SRPJ ; inexpérience du juge d'instruction.

En mars 1987, la Cour de cassation renvoie l'affaire devant la Cour d'appel de Dijon. Celle-ci ordonne un supplément d'information, successivement mené par le président Simon jusqu'en 1990, puis par son successeur le président Martin.Babine de poison

Christine Villemin bénéficie finalement d'un non-lieu le 3 février 1993, non-lieu rendu pour « absence totale de charges », une première en droit pénal (il s'agissait par là de rappeler que le dossier d'instruction était vide de charges contre elle).

Jean-Marie Villemin est jugé pour l'assassinat de Bernard Laroche en novembre 1993 à Dijon, où l'affaire a été dépaysée. Après six semaines d'audience, il est condamné à cinq ans de prison dont un avec sursis. Deux semaines plus tard, ayant purgé l'essentiel de sa peine lors de la détention préventive, il est libéré.

Lors du procès, l'instruction initiale du juge Jean-Michel Lambert est vivement critiquée par l'avocat général Jacques Kohn, qui le qualifie dans son réquisitoire de « mémorable funambule de la pensée ». Pour Paul Prompt, avocat de Marie-Ange Laroche, « c'est sur le juge d'instruction seul que la colère publique s'est abattue. Celle de l'avocat général, celle du président Ruyssen, celle des journalistes, celle de l'opinion. Pour une certaine hiérarchie judiciaire, comme pour le pouvoir politique de l'époque, focaliser l'attention sur le seul juge Lambert a permis d'atténuer l'échec de l'institution judiciaire dans cette affaire.

En juin 2000, L'enquête est rouverte et l'espoir est relancé par l'analyse de l'ADN présent sur un demi-timbre qui aurait pu conserver la salive du « corbeau ». Mais les analyses ne donnent rien, les experts déclarant l'ADN inexploitable.

Source :  © Copyright auteur(s) de Wikipédia - Cet article est sous licence CC BY-SA 3.0 .

Voir aussi :

- catégorie Victimes