A propos de cette personnalité

Philippe PINEL

Français Philippe PINEL

Père de la psychiatrie moderne

Sources :  ttjeri

Né(e) : le 20 avril 1745 à Jonquières, Tarn, France
Décédé(e) : le 26 octobre 1826 à Paris, France


Origine du nom

Porté notamment dans le Tarn, l'Allier, l'Isère et la Loire-Atlantique, c'est un dérivé, sans doute diminutif, du mot "pin", et donc un toponyme devenu nom de famille. Le nom est également présent en Espagne sous la forme Piñel (nom de diverses localités).

Biographie

Fils d'un chirurgien peu fortuné, il fait ses études classiques au collège de Lavaur (Tarn) chez les oratoriens. Puis il entre chez les doctrinaires au collège de l'Esquile à Toulouse, qu'il quitte en 1767 pour la faculté de théologie. Imprégné de latin et de religion, il quitte toutefois la soutane en 1770, sans avoir prononcé de vœux, ni reçu les ordres mineurs1.

Il commence ses études médicales à Toulouse pour être reçu docteur en 1773. Il va à Montpellier en 1774 pour suivre les cours de Paul-Joseph Barthez et arrive à Paris en 1778.

En 1773, il rédige sa thèse de médecine à Toulouse, où il peut observer les aliénés enchaînés à l'hôpital de La Grave, puis il poursuit ses études à Montpellier. En 1778, arrivé à Paris, il vit un temps de cours particuliers de mathématiques et de traductions de textes médicaux tels que Les Institutions de médecine pratique de William Cullen et les Œuvres médicales de Georgio Baglivi. En 1784, il suit pendant deux mois les leçons de magnétisme animal du disciple de Mesmer, Charles Deslon, le médecin personnel du comte d'Artois2. D'abord engagé dans le mouvement révolutionnaire de 1789, il prend ses distances avec l’arrivée de la Terreur. Puis il trouve un emploi dans la maison de santé du docteur Belhomme à Charonne, où il fait la connaissance de Cabanis, habitué du salon d'Anne-Catherine Helvétius.

En 1793, le 25 août, pendant la Commune insurrectionnelle, il est nommé par décret médecin des aliénés de Bicêtre, sur proposition de Jacques-Guillaume Thouret et de Pierre Jean Georges Cabanis. Il y observe avec attention les pratiques de Jean-Baptiste Pussin, qui développe le « traitement moral » des aliénés, prenant en compte la part encore intacte de leur raison. Pussin était un homme de grande bienveillance envers les malades, doué d'une force considérable et d'un esprit observateur; il mit en pratique la suppression de l'usage des chaînes à Bicêtre (Traité médico-philosophique sur l'aliénation mentale ou La manie (1801), page 201).

En 1795, Pinel est nommé médecin-chef de la Salpêtrière où il applique les mêmes réformes qu'à Bicêtre. Il demande dès son arrivée que Pussin le suive, mais ce n'est qu'en 1802 que sa demande sera exaucée3,4. Il commence alors à réformer l’organisation de l’hôpital.

En 1798, il écrit une Nosographie philosophique, qui est une classification des maladies mentales, appelées à l'époque vésanies. Basée sur le principe de classification des sciences naturelles, dont bénéficieront par la suite de nombreuses générations d'étudiants, cette nosographie s'inspire notamment des œuvres de Cullen et de François Boissier de Sauvages de Lacroix, auteur d'un ouvrage classique intitulé Nosologia Methodica où il étudiait les diverses folies. Pinel apparaît ainsi comme un des fondateurs de la nosologie, après Boissier de Sauvages.

En 1801, il rédige un Traité médico-philosophique sur l'aliénation mentale.


Pour Pinel, les troubles mentaux sont dus à des atteintes physiologiques provoquées par les émotions. L’aliéné est un sujet et il convient de prendre en compte son passé et ses difficultés pour la mise en place d’une thérapeutique.

En 1802, sept ans après la demande de Pinel, et grâce à l'influence du ministre de l'Intérieur Jean-Antoine Chaptal3, Jean-Baptiste Pussin rejoint la Salpêtrière, où il travaillera jusqu'à son décès, en 18114.

Il est élu membre de l'Académie des sciences en 1803. En 1820, c'est Jean-Étienne Esquirol qui lui succède à la Salpêtrière.

Pinel supprima les saignées et les médications inutiles qui ne faisaient qu'affaiblir les aliénés. Il pensait qu'on pouvait guérir les fous avec des paroles encourageantes et, dans les cas de délires, un raisonnement habile devait réduire l'idée dominante.

Il demeure légitime de voir en lui le père de la médecine mentale, future psychiatrie. Il préconisait un traitement moral. Selon lui, le médecin devait comprendre la logique du délire de son patient, puis s'appuyer sur le reste de raison demeurant chez tout aliéné pour le forcer peu à peu à reconnaitre ses erreurs, en usant du dialogue mais aussi, au besoin, de son autorité. On a beaucoup discuté du sens du traitement moral. Pour les uns, Michel Foucault notamment, P. Pinel ne fait que remplacer une contention physique par un conditionnement moral. Une exclusion par une autre, le malade psychiatrique se trouvant livré à la toute-puissance des médecins, seuls à juger de la guérison dans leurs asiles. Pour les autres, en faisant du fou un malade que l'on pourrait soigner, réintégrer dans la cité, Pinel permet d'établir un dialogue avec la folie, certes incomplet, voire spécieux, mais un dialogue tout de même. Comme souvent, la vérité se situe probablement quelque part entre les deux.

L'Empire accorda à Pinel de grands honneurs, que la Restauration lui retira plus tard. Ses idées, reprises par Esquirol, donneront naissance à la réglementation psychiatrique de 1838, restée en vigueur jusqu’en 1990.

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (18e division).

Il est le grand-oncle de Marie-Adélaïde Pinel, la mère du physicien Paul Langevin, ainsi que du soldat Louis Pinel, émigré en Chine et devenu général à la fin du dix-neuvième siècle, qui s'est marié là-bas et a eu des enfants avec une chinoise.

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