A propos de cette célébrité

Narcisse PELLETIER

Français Narcisse PELLETIER

Marin échoué sur une île, ayant vécu 17 ans parmi une tribu aborigène

Sources :  Michel MONTAVILLE

Né(e) : le 02 janvier 1844 à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, France
Décédé(e) : le 28 septembre 1894 à Saint-Nazaire, France


Origine du nom

Celui qui fabrique ou vend des peaux, des fourrures. Nom très porté dans toute la France, c'est dans la Saône-et-Loire qu'il est le plus répandu.

Biographie

Narcisse Pelletier, né le 2 janvier 1844 à Saint-Gilles-sur-Vie (intégré depuis à la commune de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Vendée) et mort le 28 septembre 1894 à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique, département alors nommé Loire-Inférieure), est un marin français. Dans la deuxième partie du XIXe siècle, ce jeune Giras accomplit un extraordinaire périple rapporté dans la presse de l'époque puis par les historiens locaux.

Biographie

Narcisse Pelletier embarque en 1856 aux Sables-d'Olonne avant de rejoindre Bordeaux puis Marseille où il devient mousse sur un trois-mâts en juillet 1857. Après le naufrage du Saint-Paul du capitaine Pinard un an plus tard près de l'île Rossel (Yela) en Nouvelle-Guinée, l’équipage européen qui a subi l’attaque prolongée des insulaires (le capitaine Pinard prend la décision de laisser sur un îlot plus de 300 Chinois destinés aux mines d’or australiennes et ceux-ci sont ensuite tués par les habitants de l’île Rossel)2 s’est enfui en chaloupe. Endurant maintes épreuves, les marins traversent la mer de Corail pour aborder le littoral dans la région nord-est de la péninsule du cap York dans le Queensland en Australie, plus précisément dans le voisinage du cap Direction. Au cours d’une expédition pour chercher de l’eau, Narcisse Pelletier se trouve séparé de ses compagnons. La chaloupe part sans lui, et le marin s’y trouve abandonné. C’est en août 1858, pendant la saison de sécheresse.

Retrouvé prêt à mourir par une famille aborigène du peuple Uutaalnganu, un des groupes linguistiques des Pama Malngkana ou Sandbeach People (gens des plages sablonneuses), il est recueilli dans leur clan, où, rebaptisé « Amglo » (ou « Anco » selon un rapport australien), et menant la vie d’un jeune homme des Uutaalnganu, il vit pendant dix-sept ans. Narcisse Pelletier dit avoir été fiancé à une jeune fille beaucoup plus jeune que lui, mais nie, dans son récit publié sous la plume de Constant Merland, avoir eu des enfants. En 2009, Stephanie Anderson affirme qu'il a eu deux voire peut-être trois enfants3.

En 1875, âgé de 31 ans, il est ramené, contre son gré, sur le littoral, en face de Night Island, par un navire australien qui y est mouillé, le John Bell. Le capitaine, Joseph Frazer, l’emmène à Somerset, établissement de la colonie de Queensland d’alors, à la pointe extrême du Cap York. Le magistrat responsable de l’établissement, Christopher d’Oyly Aplin, ancien géologue, arrange le passage de Narcisse Pelletier à Sydney sur un autre navire, le SS Brisbane, où le naufragé fait la connaissance du lieutenant John Ottley (plus tard sir John Ottley) des Royal Engineers qui devient le protecteur et le guide de Narcisse Pelletier lors du voyage à bord du Brisbane. Ottley parlait français, ayant suivi une partie de sa scolarité en France, et donc en parlant avec Narcisse Pelletier l’a aidé à retrouver sa langue natale, ce qu’il avait fait d’une rapidité étonnante. John Ottley a transcrit ses conversations avec Narcisse Pelletier dans une lettre de 1923. Arrivant à Sydney, Narcisse Pelletier est remis au consul de France, Georges-Eugène Simon, diplomate et érudit. Rapatrié en France via la Nouvelle-Calédonie, Narcisse Pelletier envoie trois lettres à ses parents qui, jusque-là, le considéraient comme mort. Celui que la presse australienne surnomme « le sauvage blanc » revient en janvier 1876 à Saint-Gilles-sur-Vie, ovationné par la population. Cette même année, Constant Merland, docteur et savant nantais, recueille et publie son témoignage dans Narcisse Pelletier : dix-sept ans chez les sauvages.

Narcisse Pelletier se marie en 1880 avec Louise Mabileau. Ils n’ont pas eu d’enfants. Devenu gardien du phare de l’Aiguillon, dans l’estuaire de la Loire, Narcisse Pelletier meurt en 1894 à Saint-Nazaire.

Selon la tradition locale, Narcisse Pelletier a des problèmes en se réadaptant à la vie dans sa terre natale. Selon son scribe Constant Merland, « Ce n’était plus un Français, c’était un Australien ».

Postérité

Le récit que Narcisse Pelletier a laissé de ses aventures est un document précieux, non seulement en tant que témoignage des expériences extraordinaires qu’il a vécues, mais en tant que description ethnographique issue de cette région de la péninsule du cap York juste au moment où l’invasion européenne y commençait, et qui a « une grande corrélation », selon l’anthropologue Athol Chase, à ce que les recherches ultérieures nous ont appris sur la mode de vie des Sandbeach People. L’ouvrage comporte plusieurs termes de la langue que Narcisse Pelletier apprit ; des linguistes ont trouvé des correspondances dans les langues des Sandbeach People (Kuuku Ya’u et Umpila) pour la grande majorité de ces mots et ces phrases.

La découverte et la capture de Narcisse Pelletier par l’équipage du John Bell ont fait grand bruit dans les journaux australiens et anglais, y compris le Times britannique, en juillet et août 1875, avant d'être rapportées ensuite dans des journaux français. Cependant,la traduction en anglais de l’ouvrage de Constant Merland ne paraît en anglais qu’en 2009. Entre-temps, aucune information concernant la vie de Narcisse Pelletier après son retour en France n’a été relayée en Australie, même si le récit de son naufrage en Nouvelle-Guinée et de ses expériences dans le Queensland a resurgi de temps en temps dans la presse australienne.

En 1876, Constant Merland rapporte que le lieu de l’abandon de Narcisse Pelletier sur les côtes du Queensland se situe dans l’Endeavour Land, au Cap Flattery, bien au sud de la région où, en réalité, il résida. Pourtant les rapports dans les journaux anglais notent les coordonnés géographiques du lieu de la capture de Narcisse Pelletier. Comme l'écrit Athol Chase : "L'information linguistique et ethnographique donnée par Pelletier à Sir John Ottley et plus tard à Merland est suffisante pour que nous soyons tout à fait assurés sur la partie nord-est de la péninsule du Cap York où Pelletier a séjourné pendant dix-sept années, et pour reconnaître dans le reportage de Merland le premier compte-rendu historique de la vie aborigène dans cette région .

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