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A propos de cette célébrité

Lee Harvey OSWALD

Américain Lee Harvey OSWALD

Assassin présumé du président américain John Fitzgerald Kennedy

Sources :  Tim DOWLING

Né(e) : le 18 octobre 1939 à New Orleans, Louisiana, USA
Décédé(e) : le 24 novembre 1963 à Dallas, Texas, USA


Biographie

Né à La Nouvelle-Orléans en Louisiane, il connaît une enfance difficile.

Son père, Robert Lee Oswald, meurt deux mois avant sa naissance. Sa mère, qui dut l'élever seule ainsi que son frère, Robert, et son demi-frère, John Pic, était une mère protectrice et dominatrice. La famille eut une vie assez instable. Avant qu'il ait 18 ans, Lee avait connu 22 domiciles et 12 écoles, généralement à la Nouvelle-Orléans et à Dallas.

Oswald était un enfant taiseux et caractériel. Lorsque sa mère et lui emménagèrent pour un temps chez John Pic, qui était membre des gardes-côtes, Oswald menaça sa mère avec un couteau. Lorsqu'ils vécurent à New York, alors qu'il avait 14 ans, ses problèmes scolaires et caractériels entraînèrent une évaluation par un psychiatre sur ordre de l'administration. Le psychiatre diagnostiqua chez le jeune Oswald des troubles de la personnalité avec tendance schizoïde et passive-agressive. Avant qu'une décision quelconque soit prise suite à cette évaluation, Marguerite quitta New York et emménagea à La Nouvelle-Orléans.

Oswald fréquenta l'école de manière irrégulière et n'obtint jamais son diplôme de secondaires. Il eut toujours une mauvaise orthographe, et ses erreurs ont amené certains à estimer qu'il était peut-être dyslexique. Malgré ces problèmes, il était un lecteur avide et a toujours pensé qu'il était mieux éduqué que les gens qui l'entouraient. À partir de ses 15 ans, on note son intérêt pour le marxisme provenant de sa lecture notamment du "Capital". Il note dans son journal: "Je cherchais à comprendre le monde qui m'entourait, et j'ai découvert la littérature socialiste. J'ai du, pour lire ces livres, fouiller les recoins les plus poussiéreux des librairies".

Lee Harvey adorait son frère aîné, Robert, qui était dans les Marines. Il portait la bague du Corps de son frère et apprenait par c?ur le "Manuel des Marines". Sans doute du fait de cette admiration, et peut-être pour échapper à sa mère, malgré le fait qu'il se considérait comme un marxiste, Oswald s'engage chez les Marines une semaine après son dix-septième anniversaire.

Oswald reçut un entraînement d'opérateur radar et fut assigné à la base d'El Toro, et ensuite à la base d'Atsugi, au Japon. Cette base était utilisée pour les vols de l'avion espion Lockheed U-2 au dessus de l'URSS, mais Oswald n'était pas impliqué dans ces opérations secrètes.

Toutefois, sa vie ne tarda pas à devenir difficile. Plutôt petit et frêle par rapport au marine standard, il fut surnommé "le lapin" par ses camarades. Sa timidité et ses opinions socialistes n'améliorèrent pas cette situation, et plus il se sentait rejeté, plus il se renferma en se vantant de son marxisme. Il lisait énormément de revues et de livres à propos de l'idéologie de Karl Marx et tenta d'apprendre le russe afin de comprendre des journaux russes. Ses camarades le surnommèrent alors "Oswaldskovich".

Oswald fut traduit deux fois en Cour Martiale, une première fois pour possession illégale d'arme de poing et une seconde fois pour une bagarre, ce qui lui valut de perdre son grade de caporal. Il fut, à partir de ce moment, totalement désillusionné au sujet de son avenir chez les Marines et fit en sorte de rompre son contrat avec l'armée en prétextant le fait qu'il devait soigner sa mère souffrante. Lorsqu'il put quitter l'armée en 1959, il avait en fait déjà préparé l'étape suivante de sa vie, sa défection en URSS.

Oswald avait été un bon soldat, en tout cas au début de sa carrière, et ses résultats aux tests de tir, par exemple, étaient satisfaisants (il rata de peu la classification de tireur d'élite). Ses résultats au tir se dégradèrent cependant au rythme de ses désillusions sur la vie militaire, élément qui fut ensuite utilisé pour faire passer Oswald comme un piètre tireur. En fait, selon les standards du Corps de Marines, Oswald était un bon tireur.

C'est au cours du séjour à Atsugi que certains auteurs estimant qu'Oswald faisait partie d'une conspiration pour tuer Kennedy situent l'entrée d'Oswald dans le monde du renseignement, quoique les avis divergent sur la question de savoir s'il fut engagé par les services américains ou soviétiques.

Le voyage d'Oswald en URSS était bien préparé : il avait économisé la quasi-totalité de son salaire de Marine et obtint un passeport en prétendant vouloir étudier en Europe. Après avoir atteint l'URSS en passant par la Finlande dans le cadre d'un voyage organisé, il déclara vouloir rester en URSS. Les soviétiques lui refusèrent d'abord le droit de rester, considérant que sa défection serait de peu de valeur. Après qu'il eût commis une tentative de suicide, les soviétiques, qui tentaient à ce moment là une certaine détente avec les États-Unis et craignaient un incident diplomatique, lui accordèrent le droit de rester.

Ils l'envoyèrent à Minsk, où il fut surveillé en permanence pendant les trois ans que dura son séjour. Oswald sembla tout d'abord heureux: il avait un travail dans une usine métallurgique, un appartement gratuit et une allocation gouvernementale en sus de son salaire, bref une existence confortable selon les standards de vie soviétique. Cependant, après son intérêt initial de cette vie, et l'intérêt qu'il avait éveillé au début dans la ville de Minsk où il était le premier américain, Oswald, surnommé "Alek" par ses amis, finit par se lasser. Il considérait que la bureaucratique Union Soviétique était une perversion du socialisme.

Lors d'un bal, Oswald rencontra Marina Alexandrovna Medvedeva Nikolayevna Prusakova, une jeune étudiante de 19 ans. Ils se marièrent moins d'un mois plus tard. Certains pensent que Marina fut surtout intéressée par le haut standard de vie dont Oswald bénéficiait. Ils eurent un premier enfant qu?ils appelèrent June. Oswald, qui n'avait jamais renoncé à sa citoyenneté américaine, décida de rentrer au pays. Après quasiment un an de lutte avec la bureaucratie, la famille Oswald quitta l'URSS et embarqua pour les États-Unis le 1er juin 1962.

Dallas : Une fausse pièce d'identité au nom d'Alek James Hidell trouvée en la possession d'Oswald, identité utilisée pour commander le Carcano et le revolver qui servit à tuer J. D. Tippit. Les Oswald eurent certains contact avec des russes émigrés qui n'aimaient pas Oswald, mais prenaient en pitié Marina, perdue dans un pays dont elle ne connaissait même pas la langue que Lee refusait de lui apprendre. C'est dans le cadre de ces contacts qu'Oswald rencontra George de Mohrenschildt, un riche excentrique qui prît Oswald en sympathie. Certains ont pensé que de Mohrenschildt était un agent de la CIA et avait un lien, d'une façon ou d'une autre, avec les évènements qui allaient survenir. Marina se lia également d'amitié avec Ruth et Michael Paine.

Oswald occupa divers postes à Dallas, dont un dans une firme de reprographie, Jaggars-Chiles-Stovall. Selon certains, cette firme exécutait des travaux secrets pour l'armée, mais en fait, il s'agissait simplement de lettrage de cartes dans une section à laquelle Oswald n'avait pas accès. Ce travail plaisait à Oswald, et il y apprit les rudiments qui lui permirent de forger un certain nombre de fausses pièces d'identité au nom d'"Alek James Hidell". Après 6 mois, Oswald fut chassé de ce travail.

La tentative d'assassinat sur le Général Walker :

Le général Edwin Walker était un anticommuniste, partisan de la ségrégation raciale et membre de la John Birch Society, une organisation d'extrême-droite. Walker avait été relevé de son commandement par Kennedy après qu'il eût distribué de la littérature d'extrême droite à ses troupes. Il démissionna alors de l'armée et se retira à Dallas pour y commencer une carrière politique. Il tenta d'obtenir le soutien du Parti Démocrate pour les élections au poste de Gouverneur du Texas en 1962, mais fut battu par John Connally qui gagna les élections.

Walker représentait tout ce que haïssait Oswald et il commença à le surveiller en février 1963, prenant notamment des photos de son domicile et des environs. Oswald acheta un fusil et un revolver par correspondance. Le 10 avril 1963, alors qu'il avait été chassé de chez Jaggars-Chiles-Stovall depuis 10 jours, il laissa une note en russe à Marina et quitta son domicile avec son fusil. Le soir même, alors que Walker était assis à son bureau, on tira sur lui d'une distance de 30 mètres. Walker survécut par un simple coup de chance: la balle frappa le châssis en bois de la fenêtre et fut déviée.

Lorsque Oswald rentra chez lui, il était pâle et semblait effrayé. Quand Marina découvrit ce qu'il venait de faire, elle lui fit détruire l'ensemble des documents qu'il avait rassemblé pour préparer sa tentative d'assassinat, quoiqu'elle conserva la note en russe.

L'implication d'Oswald dans cette tentative ne fut connue des autorités qu'après la mort d'Oswald, lorsque cette note, ainsi qu'une photo de la maison de Walker, accompagnés du témoignage de Marina, leur parvinrent. La balle récupérée dans la maison de Walker était trop endommagée pour permettre une analyse balistique, mais l'analyse de cette balle par activation neutronique permit de déterminer qu'elle avait été produite par le même fabricant que la balle qui tua Kennedy.

La Nouvelle-Orléans :

Sans emploi, Oswald confia Marina aux bons soins de Ruth Paine et partit à la Nouvelle-Orléans pour trouver du travail. Il trouva un emploi en mai et Marina le rejoignit.

Oswald semblait à nouveau malheureux de son sort, et quoiqu'il ait perdu ses illusions sur l'Union Soviétique, lui et Marina écrivirent à l'ambassade d'URSS pour demander l'autorisation d'y retourner. Cependant, les espoirs marxistes d'Oswald se reportaient sur Cuba et Fidel Castro. Il devint un ardent défenseur de Castro et décida de créer une section locale de l'association Fair Play for Cuba. Il consacra 22,73 dollars à l'impression de 1000 tracts, 500 demandes d'adhésion et 300 cartes de membres pour Fair Play for Cuba et Marina signa du nom de "A.J. Hidell" comme président de la section sur une des cartes.

Outre la distribution de tracts, Oswald fit, en août 1963, une curieuse tentative d'infiltration des milieux anti-castristes : il se présenta comme un anticommuniste auprès de Carlos Bringuier, délégué à la Nouvelle-Orléans de l'association des étudiants cubains en proposant de mettre ses capacités de Marine au service des anti-castristes.

Quelques jours plus tard, un ami de Bringuier repéra Oswald en train de distribuer des tracts pro-Castro. La seconde rencontre entre Bringuier et Oswald fut donc explosive, et résulta dans une arrestation collective. Oswald passa la nuit en prison, et son procès (ainsi que celui de Bringuier) attira l'attention de la presse. Oswald fut alors interviewé et filmé en train de distribuer des tracts (avec des aides qu'il venait d'engager à l'agence pour l'emploi locale). Il suggéra à la radio d'organiser un débat entre lui et Bringuier (sa correspondance montre un Oswald heureux du bruit qu'il réussit à faire autour de Fair Play for Cuba et présentant sa section -dont il était le seul membre- comme un succès).

Cependant, le débat radio-diffusé qui s'ensuivit tourna au désavantage d'Oswald, puisque les mensonges qu'il avait proférés lors de sa précédente interview furent dénoncés. Humilié et ayant perdu toute crédibilité, Oswald quitta la ville un mois plus tard pour un intermède mexicain qui allait plus tard faire l'objet de beaucoup de commentaires.

Les quatre mois qu'Oswald passa à la Nouvelle-Orléans furent l'objet de beaucoup de spéculation et notamment de toute l'attention de Jim Garrison, le district attorney de la ville qui pensa pouvoir lier Oswald avec Clay Shaw, un homme d'affaire local qu'il estimait être impliqué dans l'assassinat du Président John F. Kennedy.

Le lien entre Oswald et Clay Shaw était censé être Guy Banister, un ancien agent du FBI devenu détective et David Ferrie, un pilote.

Il semble que dans les années 50, Ferrie et Oswald aient été ensemble membres de la Civil Air Patrol, une association civile auxiliaire de l'armée de l'air.

Un lien relevé entre Guy Banister et Oswald est que Guy Banister avait un bureau au 531 Lafayette Street, et qu'Oswald utilisa l'adresse 544 Camp Street sur certains des tracts qu'il avait distribués. Or les deux adresses donnent dans un même immeuble.

En fait, les deux entrées donnent dans des parties non communicantes de l'immeuble et on n'a pas d'élément crédible qui lie Oswald et Banister. Par ailleurs, l'adresse 544 Camp Street avait été l'adresse du Conseil révolutionnaire anti-Castro, où Carlos Bringuier avait d'ailleurs travaillé. Un résident cubain de l'adresse témoigna avoir été approché en juillet 1963 par Oswald qui exprima son souhait d'aider la résistance contre Castro. Il lui avait alors dit que l'association était partie et avait conseillé à Oswald de s'adresser à Bringuier. La mention de l'adresse sur certains tracts peut donc s'expliquer par le souhait d'Oswald d'embarrasser le Conseil et Bringuier.

Voyage au Mexique :

Alors que Ruth Paine ramenait Marina à Dallas le 23 septembre 1963, Oswald resta en ville deux jours sans doute pour collecter son dernier chèque de chômage de 33 dollars. Ces jours sont aussi ceux où se situe un incident qui rend incertain le trajet exact d'Oswald à partir de la Nouvelle-Orléans : il s'agit du témoignage de Sylvia Odio.

Quoi qu'il en soit, Oswald était dans un bus Houston-Laredo le 26 septembre, et continua ensuite vers Mexico. Là, il tenta d'obtenir un visa vers Cuba, se présentant comme un défenseur de Cuba et de Castro, et en affirmant qu'il voulait ensuite continuer vers l'URSS. L'ambassade lui refusa le visa s'il n'avait pas au préalable un visa soviétique. L'ambassade d'URSS, après avoir consulté Moscou, refusa le visa. Après plusieurs jours de va-et-vient entre les deux ambassades, un Oswald rejeté et mortifié retourna à Dallas.

L'épisode mexicain a aussi été le sujet de beaucoup de spéculations. Celles-ci ont été renforcées par une erreur de la CIA qui surveillait l'ambassade d'URSS et envoya à la Commission Warren une photo de quelqu'un qui n'était pas Oswald, ce qui a provoqué des suppositions qu'Oswald n'était en fait pas à Mexico ou en tout cas n'y avait pas fait ce que l'on prétendait. Des années plus tard, cependant, Cuba fit parvenir aux autorités américaines la demande de visa d'Oswald, et son écriture fut formellement identifiée.

Le retour à Dallas :

De retour à Dallas le 3 octobre, Oswald exprima sa frustration à l'égard du régime de Castro. Il décida de laisser Marina chez Ruth Paine pendant qu'il cherchait un nouvel emploi et un nouvel appartement. Oswald trouva un logement à 7 dollars la semaine et chercha un emploi tous les jours. Sa première logeuse, qui ne l'appréciait pas et se méfiait de lui parce qu'il téléphonait en russe à Marina, refusa de renouveler la location. Oswald pensa que la cause en était une nouvelle enquête du FBI. Il décida donc de dorénavant louer sous un faux nom et sa location suivante, le 14 octobre, fut faite sous le nom de "O.H Lee".

Malgré ses efforts, Oswald ne parvenait pas à trouver du travail. Ce même 14 octobre, Ruth Paine discutait avec des voisines, évoquant notamment le sort des Oswald : une femme enceinte et un mari qui ne trouve pas de travail. Une des voisines, Linnie May Randle, se souvint que son jeune frère, Wesley Bull Frazier, venait de passer à travers la même épreuve et avait trouvé du travail au Texas School Book Depository, un dépôt de livres qui assurait la distribution de livres éducatifs. Elle suggéra donc qu'Oswald y tente sa chance. Ruth Paine appela le Texas School Book Depository (TSBD) où on lui dit qu'il y aurait peut-être une place. Le jour suivant, le 15 octobre, Oswald se présenta au TSBD où il obtint une place d'employé chargé de remplir les bons de commande (Oswald mentit en affirmant qu'il venait d'avoir une décharge honorable des Marines et qu'il n'avait jamais eu d'ennuis avec la justice) et commença à y travailler le 16 octobre.

Wesley Bull Frazier, qui vivait près de sa s?ur, Ruth Paine, lui offrit de le véhiculer jusque chez les Paine quand il le voulait, mais Oswald décida de ne rejoindre sa femme que le week-end, ce qu'il fit pour la première fois le vendredi 18 octobre. Le dimanche, Marina donna naissance à leur second enfant, Audrey.

Au cours du week-end suivant, Michael Paine, le mari de Ruth, eut une conversation politique avec Oswald et se rendit compte que malgré sa désillusion à l'égard des régimes socialistes, il était encore un fervent marxiste qui pensait que la révolution violente était la seule solution pour installer le socialisme. Pendant les semaines suivantes, la situation entre Marina et Lee se dégrada à nouveau, tandis que le FBI de Dallas s'intéressait à nouveau à Oswald du fait de son voyage à Mexico. Le vendredi 1er novembre, le FBI se rendit au domicile des Paine et interrogea Marina. Lorsque Oswald apprit cela le soir même, il devint très nerveux. Il avait l'impression d'être harcelé par le FBI, surtout lorsqu'une deuxième visite eut lieu le mardi suivant, 5 novembre. Sans doute suite à ces visites, Oswald se rendit le 12 novembre au bureau du FBI pour remettre une enveloppe à l'agent qui s'était chargé de l'enquête, James Hosty. Cet épisode a par la suite donné lieu à un acte de dissimulation par le FBI, puisque le supérieur de Hosty lui donna l'ordre de détruire la note qui, selon Hosty, contenait une demande de laisser Marina tranquille. Cette décision fut sans doute prise pour éviter de créer le moindre lien entre Oswald et le FBI ou une accusation d'enquête bâclée.

Le 15 novembre, Oswald ne put aller chez les Paine parce que Michael, le mari de Ruth, y passait le week-end (les Paine étaient en instance de divorce). Pendant ce week-end, Marina découvrit que Lee avait à nouveau écrit à l'ambassade d'URSS, et qu'il s'était inscrit sous un faux nom à son logement, et ils se disputèrent au téléphone à ce sujet.

Le 19 novembre, le Dallas Time Herald publia le trajet que le Président Kennedy utiliserait lors de la traversée de la ville. Comme Oswald avait pour habitude de lire le journal de la veille qu'il récupérait dans la salle de repos du TSBD, on présume qu'il a appris que le Président passerait devant les fenêtres du TSBD le 20 ou le 21 novembre.

Le jeudi 21 novembre, Oswald rompit avec sa routine et demanda à Bull Frazier s'il pouvait l'amener chez les Paine ce soit là. Au cours de la soirée, Oswald tenta de convaincre Marina de venir avec lui à Dallas où il trouverait un appartement. Marina refusa cependant toutes ses tentatives d'approche dans lesquelles certains ont vu une tentative de la part d'Oswald de ne pas exécuter le plan qui avait sans doute germé dans sa tête le jour même. Lorsque Marina se leva le lendemain, le 22 novembre, Oswald était parti en laissant sur le bureau 170 dollars, et... son alliance.

L'assassinat de Kennedy :

Ce matin du 22 novembre, Bull Frazier remarqua qu'Oswald embarquait dans sa voiture avec un paquet oblong, qu'Oswald prétendit être des tringles à rideaux. À 11h40, des travailleurs qui posaient un revêtement de sol au cinquième étage remarquèrent Oswald du côté est de l'étage.

Quinze ans après l'assassinat, une employée du TSBD dirait qu'elle se souvient avoir vu Oswald dans la salle de repos du premier étage en train de déjeuner à 12h15, mais ce témoignage était contraire à ses premiers témoignages et à celui des personnes avec qui elle était à ce moment là et qui ne virent pas Oswald.

Un autre employé se trouvait au 5eme étage puisqu'il y prit son déjeuner vers 12h-12h15. Il ne vit personne et décida alors de rejoindre ses collègues au quatrième étage, d'où ils regardèrent la parade de la fenêtre juste en dessous de celle d'où les tirs allaient partir (ils témoignèrent avoir entendu les tirs au-dessus d'eux et avoir même entendu le bruit du fusil que l'on rechargeait). Le fait qu'il ne vit pas Oswald peut s'expliquer par le fait que celui-ci était caché par des piles de caisses de livres, arrangées pour cacher totalement la vue de la fenêtre de tous les autres points de l'étage.

Entre 12h et 12h30, plusieurs personnes virent un homme à la fenêtre du cinquième étage, quoique certains en virent deux.

À 12h30 précises, le Président traversait Dealey Plaza et était assassiné.

La fuite, le meurtre de J. D. Tippit et l'arrestation :

Quelques 90 secondes plus tard, Marrion Baker, un policier qui s'était précipité dans le TSBD pour chercher le tireur, aperçut quelqu'un alors qu'il atteignait le premier étage. Le policier était accompagné de Roy Truly, le patron du TSBD, qui identifia Oswald et ils continuèrent à monter. Oswald quitta alors le TSBD par l'entrée principale qui ne serait fermée qu'au moins dix minutes après l'assassinat (alors qu'ironiquement, deux passants s'étaient porté volontaires pour surveiller les accès arrières du bâtiment).

Vers 12h40, Oswald monta dans un bus qui fut rapidement bloqué dans la circulation. Il demanda au chauffeur une correspondance et prit un taxi pour rejoindre son appartement où il prit une veste beige et son pistolet. On ignore où Oswald se rendait ensuite, mais il avait marché un peu plus d'un kilomètre lorsqu'il fut intercepté vers 13h15 par J. D. Tippit, dans une direction générale qui l'aurait amené à une station de bus d'où un car partait à 13h40 vers le Mexique.

Selon les témoins, Oswald tua J. D. Tippit alors que celui-ci avait quitté sa voiture et s'approchait de lui. Oswald quitta les lieux en vidant les douilles de son revolver et en le rechargeant.

Arrestation d'Oswald :

Il se fit remarquer quelques rues plus loin, alors qu'il se cachait dans le hall d'entrée d'un magasin, des voitures de police qui passaient dans la rue. Le gérant du magasin nota son manège et sortit pour voir où il allait. Il le vit entrer sans payer dans un cinéma à quelques pas de là. Il alerta alors le responsable du cinéma qui appela la police pour signaler la présence d'un individu suspect dans le cinéma.

Plusieurs voitures de police arrivèrent alors et les policiers envahirent la salle. Un officier de police vit Oswald et lui ordonna de se lever. Oswald lui donna un coup de poing, sortit son revolver et tenta de tirer alors que le policier le ceinturait, mais le coup ne partit pas.

Il était 13h50, Oswald était arrêté et fut tout d'abord accusé du meurtre de Tippit. Lorsque les policiers se rendirent compte qu'Oswald était l'employé manquant du TSBD, il fut également inculpé du meurtre du Président. Oswald nia avoir assassiné qui que ce soit. Pendant son interrogatoire, il mentit à plusieurs reprises aux policiers.

Le meurtre d'Oswald :

Le 24 novembre, après 15 heures d'interrogatoire dont peu de traces ont été conservées, Oswald fut assassiné par Jack Ruby à 11h21 en plein commissariat alors qu'on le transférait dans une prison proche.

Oswald fut enterré à Fort Worth.

En 1965, Marina épousa Kenneth Porter et ses deux filles prirent le nom de Porter.

En 1981, le corps d'Oswald fut exhumé pour vérifier que c'était bien lui qui était enterré là. Cette vérification était basée sur une théorie selon laquelle le vrai Oswald avait été remplacé par un sosie qui était un agent soviétique. Sur base de ses empreintes dentaires, le corps fut identifié comme étant celui d'Oswald.

Enquêtes :

La Commission Warren et le House Select Committee on Assassinations ("HSCA") conclurent qu'Oswald avait tué le Président, quoique le HSCA conclut que l'assassinat avait été le résultat d'un complot.

Culpabilité d'Oswald dans l'assassinat :

La question de la culpabilité d'Oswald dans le meurtre du Président Kennedy ne sera jamais tranchée, en tout cas judiciairement: sa mort, le surlendemain de l'attentat a arrêté toute action à son encontre.

Cependant, la question reste posée, et on peut l'examiner.

Les indices qui incriminent Oswald :

Les éléments suivants, dont certains sont des éléments circonstanciels sont de nature à convaincre de la culpabilité d'Oswald dans le meurtre du Président Kennedy.

Oswald était classé comme bon tireur chez les Marines (son classement correspond à la capacité de toucher 8 fois sur 10 une cible de 25 centimètres à 182 mètres (200 yards).
Howard L. Brennan, un témoin sur Dealey Plaza a reconnu Oswald comme étant l'homme qu'il a vu tirer de la fenêtre du cinquième étage du TSBD.
Divers témoins ont vu à la fenêtre du cinquième étage du TSB un homme dont la description correspond à Oswald.
Oswald a été vu au cinquième étage du TSBD environ 35 minutes avant l'assassinat et n'a plus été vu ensuite nulle part jusqu'après l'assassinat.
Le "Carcano" retrouvé au cinquième étage du TSBD a été identifié comme ayant été acheté par Oswald par correspondance, utilisant le même faux nom (Alek Hidell) que pour l'achat du revolver qui a tué Tippit et qu'Oswald portait sur lui au moment de son arrestation, ainsi d'ailleurs que d'une fausse pièce d'identité au nom d'Alek Hidell (il a été déterminé que cette pièce d'identité, un faux assez grossier, avait été fabriquée par Oswald lorsqu'il travaillait chez Jaggars-Chiles-Stovall à Dallas).
Les étuis de munitions retrouvés au cinquième étage du TSBD ont été liés au Carcano.
Les balles tirées sur le président ont été liées balistiquement au Carcano.
La balle tirée sur le général Walker a été liée par activation neutronique aux balles utilisées dans le Carcano.
L'empreinte digitale d'Oswald a été retrouvée sur le fusil.
Oswald portait le jour de l'assassinat une chemise de coton bleu, orange et gris et des fibres de cette chemise ont été retrouvées sur le fusil.
Le Carcano était rangé dans le garage des Paine, les gens chez qui Marina, la femme d'Oswald, logeait.
Contrairement à ses habitudes, Oswald avait rejoint son épouse chez les Paine le soir du jeudi 21 novembre et y avait passé la nuit.
Oswald partit le 22 novembre en laissant à son épouse une somme considérable et son alliance.
Des témoins, dont l'homme qui conduisit Oswald à son travail au TSBD le matin du 22 novembre, l'ont vu transporter un long paquet emballé dans du papier qu'il affirma être des tringles à rideaux pour mettre à son appartement (son appartement avait déjà des rideaux).
Oswald est connu pour avoir eu des problèmes comportementaux et une tendance à la violence dès sa jeunesse.

Les indices qui innocentent Oswald :

Les éléments suivants sont parfois présentés comme de nature à faire douter de la culpabilité d'Oswald :

Le témoignage de Brennan est en partie discutable, notamment parce qu'il refusa, dans un premier temps, d'identifier formellement Oswald.
Oswald a été vu dans la salle de repos du rez-de-chaussée en train de déjeuner vers 12h10. Cependant, ce témoignage tardif (fait 15 ans après les faits) n'a pas été confirmé par des personnes qui se trouvaient dans la salle de repos à ce moment là.
Oswald a été vu environ 90 secondes après l'assassinat, au premier étage, et il avait l'air calme et pas essoufflé.
Oswald, pour descendre l'escalier, aurait dû croiser deux femmes qui descendaient en même temps. En fait, ces personnes ont descendu l'escalier plusieurs minutes après l'attentat et n'auraient donc pas pu croiser Oswald. Oswald a été photographié regardant le cortège présidentiel de l'entrée du TSBD.
En fait, l'homme photographié, et qui ressemblait vaguement à Oswald, a été identifié comme Billy Lovelady. Ce fait a été confirmé par Lovelady et par l'analyse photographique faite par le HSCA.
Les photos d'Oswald dans son jardin avec le fusil ont été truquées. Il est certain que ces photographies sont authentiques : ces accusations formulées par une personne sans compétence photographique ont été rejetées par des experts photographiques, et Marina a admis qu'elle avait pris ces photos elle-même.
La psychose générée autour d'Oswald entraîna la confusion de ses traits avec ceux d'un sosie dans la presse américaine, par suite aux évènements.
Oswald a été arrêté pour avoir resquillé dans un cinéma, plus de dix voitures de police étant venues pour l'arrêter, ce qui démontre le complot contre Oswald. En fait, Oswald avait été signalé comme se comportant de manière suspecte (se cachait des voitures de police qui fonçaient vers le lieu du meurtre de Tippit) par une personne qui l'a ensuite vu pénétrer dans le cinéma.
La plupart des témoins qui ont vu un homme dans la fenêtre du cinquième étage du TSBD ont décrit un homme jeune mais portant une chemise claire sans col ou un tee shirt. Il n'est pas exclu qu'Oswald ait retiré sa chemise à ce moment-là pour être plus à l'aise. Il portait, sous sa chemise, un T-shirt blanc avec lequel il fut photographié au moment de son arrestation.
L'empreinte de paume relevé par la police de Dallas est douteuse car elle n'a pas été relevée dans un premier temps, puis l'arme a été confiée au FBI qui n'a rien relevé, puis l'arme est revenue à la police de Dallas et c'est à ce moment là que l'empreinte a été relevée. Le lieutenant Day, de la police de Dallas, affirma avoir relevé l'empreinte avant de confier l'arme au FBI et ne pas comprendre que le FBI ne l'ait pas vue. Le spécialiste du FBI nia qu'on lui avait indiqué la présence de l'empreinte. Des affirmations que l'empreinte fut obtenue de la main d'Oswald à la morgue ne tiennent pas compte du fait que la seule visite d'officiers de police à la morgue fut le fait du FBI : il est difficile de croire que le FBI puisse installer une empreinte et oublier ensuite de la trouver sur le fusil.
Si Oswald a tué Kennedy pour devenir un héros communiste, pourquoi a-t-il nié ? Ce non-argument est basé sur une analyse des motivations d'Oswald qui est encore de toute façon du domaine de la spéculation. Toutefois, Oswald mentit effrontément aux policiers de Dallas sur un certain nombre de points certains (telle que son identité alternative de Hiddell, dont il avait des papiers sur lui) en les invitant à "chercher eux-mêmes".

Conclusion :

Les éléments qui incriminent Oswald sont extrêmement lourds et il fait peu de doute quant à l'implication d'Oswald dans l'assassinat du président Kennedy. Il faut en effet souligner que la question de la culpabilité d'Oswald est indépendante de la question de savoir s'il y a eu complot ou combien de coups de feu ont été tirés.

Certaines théories de la conspiration postulent bien qu'Oswald était innocent, mais la plupart des théories actuelles de la conspiration sont basées sur une participation d'Oswald à une conspiration.

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Voir aussi :

- catégorie Criminels multiples et collaborationnistes