A propos de cette célébrité

Edouard-Alfred MARTEL

Français Edouard-Alfred MARTEL

Premier spéléologue français

Sources :  Sébastien DUVERE

Né(e) : le 01 juillet 1859 à Pontoise, Val-d'Oise, France
Décédé(e) : le 03 juin 1938 à Saint-Thomas-la-Garde, Loire, France


Origine du nom

Variante de Marteau : Surnom désignant en principe celui qui utilise un marteau, l'outil que nous connaissons, ou encore un marteau de forge (le mot a aussi signifié masse d'armes, mais ce sens n'existait plus au XIIe siècle). Le nom est surtout porté dans la Mayenne. Dans le nord et l'est de la France, il peut aussi s'agir d'un diminutif de Marth, forme courte de Martin.

Biographie

Édouard-Alfred Martel est né à Pontoise, en Seine-et-Oise le 1er juillet 1859. Enfant d’une famille de juristes, il fait ses études au lycée Condorcet à Paris. Très tôt, il devient passionné de géographie et de sciences naturelles et il remporte en 1877 le premier prix de géographie au concours général. Il est grand lecteur de l’œuvre de Jules Verne.

En 1866, en vacances avec ses parents, il visite les grottes de Gargas dans les Pyrénées. D’autres voyages lui permettent de parcourir l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie. En 1879, il visite la grotte d’Adelsberg, en Autriche, vaste ensemble de cavernes.

En 1886, après avoir terminé son service militaire, il obtient une licence de droit et il devient avocat agréé près le tribunal de commerce de la Seine.

Martel consacre ses loisirs et vacances à voyager à travers la France. Pendant ses déplacements, il effectue des travaux de cartographie. Dès 1883, il s’intéresse aux plateaux déserts des Causses, façonnés par les gorges du Tarn, de la Jonte, de la Dourbie et du Lot.

En juin 1888, il commence sa carrière de spéléologue à Bramabiau (Gard). Il s’engage ainsi avec quelques compagnons dans une cavité rocheuse où s'engouffre un ruisseau connu sous le nom de Bonheur et reparaissant plus loin à l'abîme de Bramabiau. Cette expédition reconnaît deux kilomètres de galeries. Ce même mois de juin il explore avec la même équipe la grotte de Dargilan en bordure des gorges de la Jonte (Lozère) sur un kilomètre et demi. La spéléologie est née.

En 1889, il publie un recueil d’observations, qu’il intitule Les Cévennes et dans lequel il décrit cette région et ses beautés. Il visite également le gouffre de Padirac, près de Rocamadour, un puits vaste et profond dans le causse de Gramat. Il y découvre une rivière souterraine, à 100 mètres de profondeur. Martel et son cousin Gaupillat partent à la découverte avec un canot. Ils explorent 2 kilomètres de nouvelles galeries.

En juillet 1890, il épouse Aline de Launay, sœur de Louis de Launay, professeur de géologie et futur membre de l'Académie des sciences. La collaboration de Louis de Launay apportera une base scientifique à certaines publications de Martel, notamment aux articles de la revue La Nature, dont Martel et de Launay furent successivement rédacteurs en chef.

En 1892, il explore le Tindoul de la Vayssière, près de Rodez.

En 1894, il publie Les Abîmes, un ouvrage dans lequel il décrit les merveilles du monde souterrain qu’il a découvert et visité pendant les six campagnes qu’il a menées de 1888 à 1893. Au cours de cette période, il a visité et répertorié plus de 230 cavités et grottes. Il a reconnu 250 kilomètres de galeries dont il a effectué des relevés et tracés précis. Il narre dans cet ouvrage ces explorations effectuées en compagnie de Louis Armand, un de ses amis forgeron, qui devient plus tard son contremaître.

En 1895, il élargit son champ de recherche et organise des expéditions en Irlande et en Angleterre. Il découvre le lac souterrain des Marble Arch Caves (en) en Irlande du Nord. Dans le Yorkshire il réalise la première descente dans le gouffre de Gaping Gill, un puits arrosé de 110 mètres. Cette même année, il fonde la Société de spéléologie et lance un bulletin périodique, Spelunca.

En 1896, Il est invité par l'archiduc Luis Salvator, cousin de l'empereur autrichien Franz Joseph. Avec son contremaître et compagnon Louis Armand, il explore le sous-sol de l'île de Majorque. Dans la grotte du Drach près de Porto Christo il découvre le lac souterrain le plus grand de l'époque.

Allant d’exploits en exploits, il multiplie les explorations. Sa priorité va aux souterrains des Causses. Il explore également les grottes et cavernes des régions calcaires de Savoie, du Jura, de Provence et des Pyrénées. Il a parcouru toute l’Europe, la Belgique, la Dalmatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, où il étudie le cours de la Trebišnjica, plus longue rivière souterraine du monde. Il se rend aussi en Grèce.

En 1897, dixième campagne de fouilles et découverte avec Louis Armand d’un puits naturel, sur le causse Méjean en Lozère qui devient plus tard l’aven Armand.

En 1899, il quitte définitivement la vie professionnelle pour se consacrer uniquement à ses recherches scientifiques.

En 1905, il explore le grand canyon du Verdon toujours avec son contremaître et ami Louis Armand, et quelques autres.

Vers la même époque, il ne veut pas reconnaître l'art pariétal paléolithique (Font de Gaume, Niaux) et se querelle avec l'abbé Henri Breuil, préhistorien déjà célèbre.

En 1906, il est le premier à explorer les gorges de Kakouetta.

Il est rédacteur en chef de La Nature de 1905 à 1909, puis se consacre à la société de géographie dont il a été élu président.

En 1912, il visite pendant 3 jours la Mammoth Cave dans le Kentucky.

Édouard Alfred Martel décède le 3 juin 1938 à Saint-Thomas-la-Garde, non loin de Montbrison, dans la Loire. Il est inhumé au cimetière de Montmartre à Paris (33 chemin de Massena, D22, L2).

Il a été lauréat de l'Académie des sciences, président de la section d'Hydrologie scientifique du Comité national de géodésie et de géophysique, membre de la Société de géographie et membre de la Société scientifique, historique et archéologique de la Corrèze.

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Voir aussi :

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