A propos de cette célébrité

Eugène DELONCLE

Français Eugène DELONCLE

Homme politique, co-fondateur du mouvement d'extrême-droite "la Cagoule"

Sources :  Augusta GARDERESJacques CHANISRene BONDYFrédéric BLANCHETDaniel JENNERDominique CHADALAlain GARRICHans Martin RUPPElodie LATELISELiliane HENRY-FONROUGEmgarderes64Base collaborative PierfitOli SEN

Né(e) : le 20 juin 1890 à Brest, Finistère, France
Décédé(e) : le 07 janvier 1944 à Paris, France


Biographie

Fils du commandant Antoine Charles Louis Deloncle (qui refusa de quitter la passerelle du paquebot La Bourgogne lors de son naufrage, le 4 juillet 1898, et fut englouti en mer avec lui) et d'Anna Ange Marie Grossetti. Il est le neveu de François Deloncle, député des Basses-Alpes et de la Cochinchine, du journaliste Henri Deloncle et de Charles Deloncle, député et sénateur de la Seine. Il est le neveu du général Paul François Grossetti.

Il épouse Mercédès Cahier (1893-1988), fille de médecin, dont il a un fils Louis et une fille Claude.

Après sa mort, sa femme épouse Jacques Corrèze, activiste cagoulard hébergé par le couple Deloncle.

En 1939, sa nièce Edith Cahier, fille de Paul Cahier, épouse Robert Mitterrand, frère de François Mitterrand.

Sa sœur Louise qui épousa l'avocat Laurent-Cely fut la mère de l'écrivain Jacques Laurent, son autre sœur fut mariée un temps au joueur de bridge Pierre Albarran.


Polytechnicien (Promotion X1910, second), ingénieur du Génie maritime, cadre dirigeant de la société de contrôle technique Bureau Veritas, il combat pendant la Première Guerre mondiale : officier d'artillerie, il est blessé sur le front de Champagne. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur par arrêté du 7 novembre 1920.

Il adhère d'abord à l'Action française, puis dans un esprit de dissidence vis-à-vis d'elle, fonde en 1935, avec Jean Filliol, l'Organisation secrète d'action révolutionnaire nationale (OSARN puis CSAR ; l'adjectif nationale fut supprimé plus tard et, mal lu, le « O » fut pris pour un « C ») connue de la police sous le nom de Comité secret d'action révolutionnaire (CSAR) et surnommé la Cagoule par la presse. Ce surnom est d'ailleurs attribué avec mépris par Maurice Pujo de l'Action française.

Ses principaux « faits d'armes » sont :

l'attentat contre la Confédération générale du patronat français et du groupe des industries métallurgiques le 11 septembre 1937, cette action visant à faire croire à l'opinion publique à un complot communiste menaçant la démocratie ;
l'assassinat des frères Sabatino et Carlo Rosselli, deux militants italiens antifascistes réfugiés en France. Meurtres commis à la demande du gouvernement italien, en échange de la fourniture d'armes de guerre et d'un soutien financier.

Selon Pierre Péan, à la fin du mois de novembre 1936, Deloncle rencontre le général Henri Giraud. qui lui promet son aide en cas de soulèvement communiste, Deloncle lui assurant que les cagoulards se rangeraient sous ses ordres. Très satisfait, Giraud « est évidemment d'accord pour travailler avec les gens de l'OSARN et souhaite la meilleure réussite à l'entreprise de Deloncle et Duseigneur [...] ».

En juillet 1938, l'état-major civil et plusieurs militaires, soit un total de 120 personnes, sont arrêtés par la police.

Après l'armistice de juin 1940, Deloncle rejoint l’amiral François Darlan et reprend contact avec d’anciens cagoulards.

Fin 1940, il crée le Mouvement social révolutionnaire pour la Révolution nationale (MSR), soutenant le maréchal Pétain, puis, par le Rassemblement national populaire, se rapproche de Marcel Déat. Les intrigues entre les deux hommes ont raison de cette alliance et Deloncle est exclu en mai 1942.

Dans la nuit du 2 au 3 octobre 1941, un attentat est organisé par le Mouvement social révolutionnaire contre la Synagogue des Tournelles.

Il collabore aussi avec l’amiral Wilhelm Canaris, alors chargé du contre-espionnage militaire allemand.

Le 7 janvier 1944, Deloncle est assassiné par la Gestapo – par l'intermédiaire d'agents français du SD – en raison de ses relations avec l'amiral Canaris et d'autres membres de l'Abwehr opposés à Hitler. Son fils Louis, blessé, survit ; après-guerre il dirige la branche espagnole de L'Oréal.

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